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Nelson Mandela - responsable de la mort de 95'000 bébés?

Otto Kölbl

Un examen approfondi de l'évolution de la mortalité infantile en Afrique du Sud révèle une réalité choquante : alors que le régime de l'apartheid (jusqu'en 1994) ne s'est déjà pas fait remarquer par des prouesses dans ce domaine, la présidence de Nelson Mandela (1994 à 1999) a été caractérisée par une hécatombe parmi les nouveau-nés. Malgré des efforts faits par son successeur Thabo Mbeki, on peut chiffrer le nombre de bébés morts à cause de la politique catastrophique sous Mandela à 95'000. Nos médias ne s'en souciaient guère à l'époque, et enveloppent le scandale sous un voile de silence, qui les rend également coupables.

Sous le régime de l'Apartheid (jusqu'en 1994), le pays était déjà en queue de peloton dans ce domaine : dans un ranking des pays selon leurs efforts à long terme pour faire baisser la mortalité infantile (voir notre article Le droit à la santé – comment demander des comptes aux gouvernements du monde? {}), le pays était en 1990 au rang 129 sur 137 pays. Cependant, le régime faisait au moins des efforts pour améliorer la situation, du moins depuis 1975, date depuis laquelle CME fournit des données précises. Ainsi, entre 1980 et 1985, la baisse était en moyenne de 3.6% par an, entre 1985 et 1990 de 3.4% par an. Ceci se situe au-dessus de la médiane internationale de 3.1% resp. 2.8%.

Dès 1990, la baisse fléchit, puis s'arrête. A partir 1994, année de l'accession au pouvoir de Nelson Mandela, la mortalité commence à augmenter, passant de 47.1‰ en 1993 à 53.3‰ en 1999 (fin de la présidence de Mandela). Elle augmentera plus lentement jusqu'à 54.9‰ en 2001, puis baissera à 43.1‰ en 2009.

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Figure 1: L'évolution de la mortalité infantile en Afrique du Sud, selon Child Mortality Estimate

Très peu de pays au monde ont connu une augmentation aussi rapide de la mortalité infantile. En 1997-1998, elle a culminé en un accroissement de 2.8% par an. La plupart des autres pays avec une évolution similaires ont connu une guerre civile ou un écroulement total du système politique, comme par exemple le Rwanda, le Monténégro et certains pays baltes au début des années 1990. Tous les autres pays dans ce cas se situent à proximité géographique de l'Afrique du Sud : Swaziland (1994-2001, culminant à une hausse de 1.9% par an en 1998), le Botswana (1992-1998, culminant en 5.6% par en an en 1998) et plus récemment en Île Maurice (2005-2009). A croire que la politique criminelle sous Nelson Mandela est devenue une mode régionale !

Ces chiffres abstraits de mortalité infantile exprimée en pour mille et d'augmentation du chiffre en pourcent ne doivent pas nous faire oublier que ceci cache une réalité de souffrance humaine à grande échelle. Un autre chiffre tout aussi cru peut l'illustrer. A partir des chiffres de mortalité infantile de l'Afrique du Sud durant les années 1990, on peut calculer le nombre de bébés qui auraient pu être sauvés avec un effort raisonnable.

On part pour cela d'une décroissance moyenne, calculée sur tous les pays de la terre sans pondération en fonction de la population. On calcule alors la différence entre une telle évolution et celle qu'a connue le pays sous le régime à étudier, en l'occurrence Nelson Mandela.

Le personnel médical doit souvent travailler dans des conditions difficiles. Photo: OMS.

Le personnel médical doit souvent travailler dans des conditions difficiles. Photo: OMS.

Un système de santé une fois ruiné par des années de négligence, il est difficile de le remettre sur les rails, comme le prouvent les taux de décroissance de la mortalité infantile qui ne parviennent pas à dépasser un certain seuil, même si le gouvernement fait des efforts conséquents. Pour tenir compte de cet effet à long terme, on suppose que le gouvernement successeur "met les bouchées doubles" et réussit à obtenir une baisse correspondant au double de la moyenne internationale. Ainsi, on obtient le nombre de bébés morts que l'on peut attribuer à la seule négligence d'un gouvernement ou président précis. Pour Nelson Mandela (1994-1999), on obtient le chiffre horrifiant de 95'000 bébés.

Il est choquant que nos médias ne se préoccupent aucunement des bébés sud-africains. C'est pourtant un problème qui dépasse largement le pays concerné, comme le montre le problème de la tuberculose. En effet, si l'on classe les pays du monde selon leur taux d'incidence (nombre de personnes contractant la maladie sur 100'000 personnes chaque année), l'Afrique du Sud a le deuxième taux le plus élevé au monde, derrière le Swaziland. Ces deux pays ont connu également une forte augmentation de ce chiffre entre 2000 et 2008, de 50% pour le Swaziland et de 65% pour l'Afrique du Sud.

Cette maladie ne tue pas seulement de nombreuses personnes, la présence massive de cas favorise également l'émergence de résistances, qui rendront le traitement difficile, voire impossible dans le futur. Si l'on considère le fait qu'en particulier l'Afrique du Sud dispose sans aucun doute des moyens nécessaires à combattre cette maladie, la négligence dont fait preuve de pays depuis l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela est tout simplement criminelle.

Par cet article je ne veux aucunement dire qu'il aurait mieux valu que le régime de l'apartheid reste au pouvoir. Ce régime était basé sur le racisme et devait disparaître. Cependant, le combat héroïque de Nelson Mandela contre cette honte de l'humanité de peut pas justifier une politique désastreuse qui a coûté la vie à 95'000 bébés. Même si son successeur Thabo Mbeki a réussi à refaire baisser la mortalité, il faudra attendre 2007 pour que cet indicateur atteigne de nouveau sa valeur de 1993, année avant l'accession au pouvoir de Nelson Mandela. En 2009, sur le ranking des pays du monde indiquant la mortalité infantile par rapport à leur niveau de vie, l'Afrique occupait le rang 149 sur 156.

L'Afrique du Sud fait clairement partie des pires violeurs des droits de l'homme dans le domaine médical. La Coupe du monde de football de 2010 aurait pu être une occasion d'informer l'opinion mondiale sur la négligence criminelle dont ce gouvernement fait preuve depuis plus de 15 ans et de mettre la pression pour que les choses bougent enfin; rien n'a été fait. Si un régime met quelques douzaines de journalistes et blogueurs en prison, nos médias se déchaînent. Si un président a la mort de 95'000 bébés sur la conscience, on lui remet le prix Nobel de la paix. Quel beau monde…

Très peu de pays au monde ont connu une augmentation aussi rapide de la mortalité infantile. En 1997, elle a culminé en un accroissement de 4.0% par an. La plupart des autres pays avec une évolution similaires ont connu un écroulement total du système politique, comme par exemple le Rwanda, le Monténégro et certains pays baltes au début des années 1990. Tous les autres pays dans ce cas se situent à proximité géographique de l'Afrique du Sud : Swaziland (1994-1999, culminant à une hausse de 7.1% par an en 1996), le Botswana (1995-1999, culminant en 6.5% par en an en 1998) et plus récemment en Île Maurice (2004-2008). A croire que la politique criminelle sous Nelson Mandela est devenue une mode régionale !

Ces chiffres abstraits de mortalité infantile exprimée en pour mille et d'augmentation du chiffre en pourcent ne doivent pas nous faire oublier que ceci cache une réalité de souffrance humaine à grande échelle. Un autre chiffre tout aussi cru peut l'illustrer. A partir des chiffres de mortalité infantile de l'Afrique du Sud durant les années 1990, on peut calculer le nombre de bébés qui auraient pu être sauvés avec un effort raisonnable.

On part pour cela d'une décroissance moyenne, calculée sur tous les pays de la terre sans pondération en fonction de la population. On calcule alors la différence entre une telle évolution et celle qu'a connue le pays sous le régime à étudier, en l'occurrence Nelson Mandela.

Un système de santé une fois ruiné par des années de négligence, il est difficile de le remettre sur les rails, comme le prouvent les taux de décroissance de la mortalité infantile qui ne parviennent pas à dépasser un certain seuil, même si le gouvernement fait des efforts conséquents. Pour tenir compte de cet effet à long terme, on suppose que le gouvernement successeur "met les bouchées doubles" et réussit à obtenir une baisse correspondant au double de la moyenne internationale. Ainsi, on obtient le nombre de bébés morts que l'on peut attribuer à la seule négligence d'un gouvernement ou président précis. Pour Nelson Mandela, on obtient le chiffre horrifiant de 120'000 bébés.

Il est choquant que nos médias ne se préoccupent aucunement des bébés sud-africains. C'est pourtant un problème qui dépasse largement le pays concerné, comme le montre le problème de la tuberculose. En effet, si l'on classe les pays du monde selon leur taux d'incidence (nombre de personnes contractant la maladie sur 100'000 personnes chaque année), l'Afrique du Sud a le deuxième taux le plus élevé au monde, derrière le Swaziland. Ces deux pays ont connu également une forte augmentation de ce chiffre entre 2000 et 2008, de 50% pour le Swaziland et de 65% pour l'Afrique du Sud.

Cette maladie ne tue pas seulement de nombreuses personnes, la présence massive de cas favorise également l'émergence de résistances, qui rendront le traitement difficile, voire impossible dans le futur. Si l'on considère le fait qu'en particulier l'Afrique du Sud dispose sans aucun doute des moyens nécessaires à combattre cette maladie, la négligence dont fait preuve de pays depuis l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela est tout simplement criminelle.

Par cet article je ne veux aucunement dire qu'il aurait mieux valu que le régime de l'apartheid reste au pouvoir. Ce régime était basé sur le racisme et devait disparaître. Cependant, le combat héroïque de Nelson Mandela contre cette honte de l'humanité de peut pas justifier une politique désastreuse qui a coûté la vie à 120'000 bébés. Même si son successeur Thabo Mbeki a réussi à faire baisser un peu la mortalité (de 53.9‰ en 2003 à 49.4‰ en 2007), il n'a jamais atteint le niveau de 1993 (un an avant l'arrivé au pouvoir de Mandela), 41.7‰.

L'Afrique du Sud fait clairement partie des pires violeurs des droits de l'homme dans le domaine médical. La Coupe du monde de football de 2010 aurait pu être une occasion d'informer l'opinion mondiale sur la négligence criminelle dont ce gouvernement fait preuve depuis plus de 15 ans et de mettre la pression pour que les choses bougent enfin; rien n'a été fait. Si un régime met quelques douzaines de journalistes et blogueurs en prison, nos médias se déchaînent. Si un président a la mort de 120'000 bébés sur la conscience, on lui remet le prix Nobel de la paix. Quel beau monde…

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